LE LIVRE DE LA SEMAINE

Les bénévoles partagent ici leurs avis sur les livres qu'ils ont aimés.

 

L’histoire commence le 1er septembre 1939 et se déroule sur 5 jours, principalement à Strasbourg. Cette ville, évacuée en 48 heures, est devenue une cité fantôme où se croisent les destins d’Albert, petit orphelin, et d'Hubert Monge, homme de main du président d’une grande banque parisienne.

Albert fugue pendant l’évacuation de son orphelinat, en quête de ses racines et de l’histoire de sa famille qu’il découvre et invente au fil des pages. Monge est envoyé à Strasbourg, cet avant-poste d’une guerre qui n’en finit pas de commencer, à la recherche d’un hypothétique stock d’or datant de l’absorption d’une banque alsacienne en faillite.

Sur cette trame, l’auteur provoque un pas de deux entre l’adolescent et l’inspecteur bancaire dans le silence irréel d’une ville désertée.

L’histoire, très bien menée, brasse les aventures de faux truands mais vrais salauds, des arnaqueurs arnaqués sur fond d’investissements algériens et des guerres de familles sordides, pour former un excellent thriller. Le jeune Albert traverse ces règlements de comptes sanglants pour passer de l’état d’un orphelin anonyme à celui d’un être unique, objet d’une infinie tendresse.

Bonne lecture

Patrick

 

 

Un homme ordinaire, acteur peu reconnu, entend du bruit et un cri dans l’appartement au-dessus du sien. Mais il a un rendez-vous important qui devrait relancer sa carrière, alors il part vite à son rendez-vous.

Plus tard il apprend qu’un adolescent a été battu brutalement et laissé pour mort. Sa mère le découvrira seulement 3 heures plus tard. Il perdra un œil et restera épouvanté par toute idée de sortie, de rencontre, de relation sociale.

Ces trois personnages, sont les protagonistes du roman. Ils vont bien sûr se rencontrer et leurs histoires se télescoper, s’enchevêtrer, s’interpénétrer. La rencontre des deux adultes les amènera à s’épauler pour affronter leurs terreurs respectives et ils ne pourront plus se passer l’un de l’autre. Terreur de la femme pour l'avenir et la santé mentale de son fils. Terreur de l'homme devant les conséquences de sa faiblesse. Mais pourra-t-il lui mentir jour après jour sans rien laisser paraître ? Voilà le vertige : la protéger c’est la trahir ! Révéler la vérité c’est la perdre !

L'écriture est sobre, l'histoire bien construite et l'idée qu'une moto et la musique libèrent l'adolescent de ses démons est stimulante.

L’auteur utilise ce scénario pour analyser la lâcheté ordinaire, pour explorer comment vivre avec la culpabilité, comment s’arranger avec sa conscience pour ne pas sombrer, comment dominer sa peur pour survivre, comment transcender sa trahison pour revivre.

Et vous, que feriez vous devant un tel dilemme ?

Bonne lecture

Patrick

 

 

 

Enzo MacLeod, enquêteur, veut résoudre le meurtre du Chef étoilé Marc Fraysse, assassiné 7 ans plus tôt.

L’épouse de la victime, ses collègues du restaurant, son frère, les anciens enquêteurs,… tous vont apporter leur soutient et leur collaboration à cet enquêteur dans l’espoir de connaitre enfin la vérité.

Marc Fraysse avait tout pour être heureux. Un magnifique restaurant, un mariage d’amour, des collaborateurs dévoués, la célébrité, et sa troisième étoile au guide Michelin, : reconnaissance absolue de son travail.

Mais que cachait-il sous ces apparences de vie parfaite et idéale ?

L’auteur nous emmène dans un monde très fermé, celui des restaurants étoilés où l’obtention d’une étoile n’est pas toujours un cadeau. La pression que cette distinction fait supporter aux bénéficiaires est très lourde à porter d’autant que, dès l’instant où ils l’obtiennent, la peur de la perdre ne les quitte plus.

Alors ? tous les Chefs cherchent-ils à se voir honorer de la sorte ? Pas sûr !

Et puis honnêtement, qui a décrété un jour qu’un fabricant de pneus aurait l’exclusivité de définir quelle cuisine mérite d’être récompensée ou non ?..

Au fil des pages, on découvre une institution sous la coupe d’une omerta, où ceux qui s’y opposent sont souvent victimes de déshonneur.

Aucun ennemi, pas de coupable, et tellement de suspects… car certaines vérités ne sont pas toujours bonnes à dire.

Après avoir lu ce livre, vous apprécierez votre prochain diner au restaurant différemment …

Bonne lecture

Sandra

C’est l’histoire de Reine. Femme accomplie, bien dans sa peau, maman célibataire d’un grand garçon de 17 ans qu’elle a élevé seule.

Ce bonheur que Reine s’est acharné à construire, cette vie parfaite pour laquelle elle a travaillé si dur, risquent de voler en éclat. La raison ? un mensonge…

Certains livres vous laissent un goût amer, d’autres vous interpellent, il y a ceux qui vous font rire, ceux qui vous font pleurer, …. Bref, chaque livre éveil un sentiment au fond de nous, quel qu’il soit.

Ce livre a éveillé en moi ma pire crainte : celle de perdre un jour l’amour de mon enfant.

L’auteur a su décrire avec une telle justesse les sentiments de son personnage principal, que j’ai ressenti sa douleur et son désespoir au fil des pages.

Une maman qui doit élever son enfant seule doit faire face a beaucoup d’épreuves : il y a l’aspect financier, le jugement de l’entourage, le regard de la société, mais au-delà de ça, il y a cette culpabilité de ne pas avoir pu offrir une famille à son enfant. Ce sentiment d’échec est omniprésent à chaque instant.

Alors, il reste l’amour. L’amour inconditionnel qu’on porte à son enfant. L’amour dans chaque geste, dans chaque décision, l’amour pour lui jusqu’à s’oublier soi.

C’est avec les yeux mouillés de larmes et une boule dans la gorge que j’ai refermé ce livre, mais avec néanmoins une certitude : oui, une maman peut aimer ses enfants assez fort pour accepter qu’ils s’en aillent, car ils ne lui appartiennent pas.

Bonne lecture

Sandra

 

 

La famille FAREL.

Lui : Célèbre journaliste respecté par ses pairs

Elle : Essayiste reconnue pour ses engagements féministes

Alexandre : Le fils modèle, brillant étudiant promu à un bel avenir.

Mais sous ces aspects de famille idéale, il suffira d’un événement pour que ce fragile équilibre se fissure et que les vérités éclatent.

Une accusation de viol. Elle le dit coupable, il se dit innocent.

A l’époque des mouvements « Me Too » et « Balance ton Porc » comment connaitre la vérité lorsque les faits se déroulent dans un huit clos ou deux paroles s’opposent.

Peut-il y avoir deux vérités ? Est-ce une question d’interprétation de consentement ou un problème de milieu privilégié où règnent impunité et passe-droit ?

Karine Tuil nous offre un roman qui m’a laissé beaucoup d’observations, d’interrogations et de craintes sur notre époque actuelle.

Ce roman dresse un tableau peu reluisant de notre société où les réseaux sociaux jugent et condamnent avant les tribunaux, où l’image publique occulte toute morale et où l’amour et le bonheur sont remplacés par la réussite sociale.

Et la justice dans tout ça ? Est-elle encore impartiale ?

Doit-on toujours croire celles qui se disent victimes sous la pression du « politiquement correct » au risque de condamner un innocent ? Et si la justice reconnaît son innocence, comment la faire valoir socialement ?

Peut-on condamner juste « un peu » au bénéficie du doute de la parole de la victime ?

Autant de questions morales, contemporaines et sociales que chacun de nous devrait méditer afin que notre monde retrouve un peu de sincérité, de bienveillance et de bonté.

Mais n’est-il pas déjà trop tard ?…

Sandra