LE LIVRE DE LA SEMAINE

Les bénévoles partagent ici leurs avis sur les livres qu'ils ont aimés.

 

 

Enzo MacLeod, enquêteur, veut résoudre le meurtre du Chef étoilé Marc Fraysse, assassiné 7 ans plus tôt.

L’épouse de la victime, ses collègues du restaurant, son frère, les anciens enquêteurs,… tous vont apporter leur soutient et leur collaboration à cet enquêteur dans l’espoir de connaitre enfin la vérité.

Marc Fraysse avait tout pour être heureux. Un magnifique restaurant, un mariage d’amour, des collaborateurs dévoués, la célébrité, et sa troisième étoile au guide Michelin, : reconnaissance absolue de son travail.

Mais que cachait-il sous ces apparences de vie parfaite et idéale ?

L’auteur nous emmène dans un monde très fermé, celui des restaurants étoilés où l’obtention d’une étoile n’est pas toujours un cadeau. La pression que cette distinction fait supporter aux bénéficiaires est très lourde à porter d’autant que, dès l’instant où ils l’obtiennent, la peur de la perdre ne les quitte plus.

Alors ? tous les Chefs cherchent-ils à se voir honorer de la sorte ? Pas sûr !

Et puis honnêtement, qui a décrété un jour qu’un fabricant de pneus aurait l’exclusivité de définir quelle cuisine mérite d’être récompensée ou non ?..

Au fil des pages, on découvre une institution sous la coupe d’une omerta, où ceux qui s’y opposent sont souvent victimes de déshonneur.

Aucun ennemi, pas de coupable, et tellement de suspects… car certaines vérités ne sont pas toujours bonnes à dire.

Après avoir lu ce livre, vous apprécierez votre prochain diner au restaurant différemment …

Bonne lecture

Sandra

C’est l’histoire de Reine. Femme accomplie, bien dans sa peau, maman célibataire d’un grand garçon de 17 ans qu’elle a élevé seule.

Ce bonheur que Reine s’est acharné à construire, cette vie parfaite pour laquelle elle a travaillé si dur, risquent de voler en éclat. La raison ? un mensonge…

Certains livres vous laissent un goût amer, d’autres vous interpellent, il y a ceux qui vous font rire, ceux qui vous font pleurer, …. Bref, chaque livre éveil un sentiment au fond de nous, quel qu’il soit.

Ce livre a éveillé en moi ma pire crainte : celle de perdre un jour l’amour de mon enfant.

L’auteur a su décrire avec une telle justesse les sentiments de son personnage principal, que j’ai ressenti sa douleur et son désespoir au fil des pages.

Une maman qui doit élever son enfant seule doit faire face a beaucoup d’épreuves : il y a l’aspect financier, le jugement de l’entourage, le regard de la société, mais au-delà de ça, il y a cette culpabilité de ne pas avoir pu offrir une famille à son enfant. Ce sentiment d’échec est omniprésent à chaque instant.

Alors, il reste l’amour. L’amour inconditionnel qu’on porte à son enfant. L’amour dans chaque geste, dans chaque décision, l’amour pour lui jusqu’à s’oublier soi.

C’est avec les yeux mouillés de larmes et une boule dans la gorge que j’ai refermé ce livre, mais avec néanmoins une certitude : oui, une maman peut aimer ses enfants assez fort pour accepter qu’ils s’en aillent, car ils ne lui appartiennent pas.

Bonne lecture

Sandra

 

 

La famille FAREL.

Lui : Célèbre journaliste respecté par ses pairs

Elle : Essayiste reconnue pour ses engagements féministes

Alexandre : Le fils modèle, brillant étudiant promu à un bel avenir.

Mais sous ces aspects de famille idéale, il suffira d’un événement pour que ce fragile équilibre se fissure et que les vérités éclatent.

Une accusation de viol. Elle le dit coupable, il se dit innocent.

A l’époque des mouvements « Me Too » et « Balance ton Porc » comment connaitre la vérité lorsque les faits se déroulent dans un huit clos ou deux paroles s’opposent.

Peut-il y avoir deux vérités ? Est-ce une question d’interprétation de consentement ou un problème de milieu privilégié où règnent impunité et passe-droit ?

Karine Tuil nous offre un roman qui m’a laissé beaucoup d’observations, d’interrogations et de craintes sur notre époque actuelle.

Ce roman dresse un tableau peu reluisant de notre société où les réseaux sociaux jugent et condamnent avant les tribunaux, où l’image publique occulte toute morale et où l’amour et le bonheur sont remplacés par la réussite sociale.

Et la justice dans tout ça ? Est-elle encore impartiale ?

Doit-on toujours croire celles qui se disent victimes sous la pression du « politiquement correct » au risque de condamner un innocent ? Et si la justice reconnaît son innocence, comment la faire valoir socialement ?

Peut-on condamner juste « un peu » au bénéficie du doute de la parole de la victime ?

Autant de questions morales, contemporaines et sociales que chacun de nous devrait méditer afin que notre monde retrouve un peu de sincérité, de bienveillance et de bonté.

Mais n’est-il pas déjà trop tard ?…

Sandra

 

 

Laurent Binnet s'amuse à renverser les invasions et les colonisations. Une intéressante hypothèse qu'on a plaisir à suivre, impatient de savoir comment les Incas prendront le pouvoir en Europe et de connaitre leur stratégie de développement.
Terminer son roman sur les aventures d'un Cervantes dilettante est un peu décevant. J'aurais souhaité qu'il aille au bout de sa théorie du battement d'aile du papillon et imagine une évolution du monde plus audacieuse.
Ce livre est "grand prix de l'Académie" 2019.

 

 

 

Dès les premières pages, Sandrine Collette nous emmène dans un univers oppressant où l’eau, à perte de vue a remplacé les paysages familiers.

Avec Pata, Madie et leurs neufs enfants, une famille rescapée dans leur maison située au sommet d’une colline, on s’inquiète de cette pluie incessante qui d’heure en heure réduit l’espoir. Les réserves de nourriture diminuent et bientôt Pata et Madie n’auront plus le choix.

Il faudra partir avec la barque dont ils disposent encore et affronter les éléments pour rechercher de l’aide et de la nourriture….

…mais la famille est trop nombreuse pour embarquer tous ensembles.

Se posent alors aux parents des options difficiles qui aboutiront à un choix impossible Qui partira chercher des secours ? Qui restera ?

Finalement trois enfants resteront sur place et devront se débrouiller pour assurer leur survie en attendant un hypothétique retour de leurs parents.

L’auteure nous emmène alors, tour à tour sur cette barque, coquille d’œuf perdue au milieu des flots, puis nous ramène sur l’îlot où les enfants livrés à eux-mêmes luttent pour assurer leur survie.

Un roman époustouflant qui prend au cœur et aux tripes.

A la fermeture de ce livre je n’ai qu’un seul souhait à formuler ; ne jamais connaître une situation extrême comme celle-ci.

Céline